Saussure, Rezo, Immeuble de bureaux, Paris
Projet lauréat 2009 - Livraison Octobre 2013
Maître d'ouvrage : SNEF - SODEARIF
Architecte : Architectures Anne Démians
Directeur de projet : Philippe Monjaret
Chef de projet : Alain Sabounjian (études), Simon Guillermoz, Laurent Baudelot (chantier)
Equipe : Blandine Plénard
BET Economiste : Bouygues construction
BET Structure : Bouygues construction
BET Fluide Electricité : Bérim
BET Cuisiniste : Société Gaury
BET Façade : VP Green
HQE : Bérim
Perspective : Martin Mercier, Igor Sanchez, Silvio Evora
Maquettiste : International Model
Surface : 16 500 m2 S.H.O.N.
Coût : 36,5 M euros HT
Acousticien : Lasa

Image plus grande
1 / 18

"Le déroulement du désert est infiniment proche de l’éternité de la pellicule."       "La vitesse est créatrice d’objets purs, elle est elle-même un objet pur, puisqu’elle efface le sol et les références territoriales, puisqu’elle remonte le cours du temps pour l’annuler, puisqu’elle va plus vite que sa propre cause et en remonte le cours pour l’anéantir."       Jean Baudrillard (cf. Amérique)

Etre en mouvement au fil d’un paysage immobile ou immobile au cœur d’un monde qui défile, c’est un déséquilibre délicieux de la perception que chacun peut vivre assis près d’une fenêtre dans un train qui démarre ou dépassé par un autre. Voir le mouvement sans le sentir physiquement stimule notre acuité pour nous placer dans un état de disponibilité au monde. Tout devient possible; comme avoir l’impression de manger dans un train lorsqu’installé à la table d’un Diner New Yorkais, véritable caravane étincelante et immobile, véhicule pour les sens et les rêves, percé  de bulles dont le texte reste à écrire. L’objet métallique pur scintille, sa fonctionnalité et sa technologie contribuent  à son effervescence, ses courbes et sa compacité, elles, à son aérodynamisme. L’invitation au voyage passe par le train, avec son attente d’efficacité, de confort et de rêve.

Adéquation poético-rationnelle : Le projet se doit d’être mobile sur les voies, et à l’arrêt en ville, son identité se construit par le voyage. Son fuselage s’interrompt et se rétracte pour signifier un ancrage urbain, une articulation interne, des accès, ou d’autres potentialités fonctionnelles. Il filtre également la lumière et brise le vent, contribuant ainsi à son équilibre thermique interne. Le fuselage est conçu comme un objet industriel : robuste, standardisé, avec le processus de maintenance déjà intégré. Il est en effet panélisé (3.40mH x 2.70mL), et chaque panneau est relevable avec des pistons à gaz, permettant ainsi la maintenance du vitrage par une nacelle et une perche-balai, depuis l’étage N-1. Comme dans un tgv, le bruit et la vitesse ne permettent pas d’ouvrir librement les fenêtres, mais son environnement est maîtrisé. L’espace est réchauffé ou rafraichi par rayonnement hydraulique, l’air renouvelé avec un débit hygiénique. Au repos, la nuit, ses hublots montés sur vérins s’ouvrent pour faire du free-cooling nocturne et activer l’inertie thermique de la structure en béton apparent. Les menuiseries de vitrages fixes sont ainsi très majoritairement utilisées permettent une plus grande efficacité thermique, acoustique et économique. Des mesures acoustiques conservatoires sont également prévues (cf. §3. Acoustique) dans la structure qui est conçue pour pouvoir accueillir des boîtes à ressorts et autres dispositions anti vibratiles si le diagnostic acoustique du site venait à confirmer les contraintes prévisibles.

Compacité et efficacité : La compacité du projet permet de construire un volume simple sans porte-à-faux, et de maintenir les façades dans la zone de retrait (équivalente au porte-à-faux préconisé sur les quais). Les panneaux de façade mur rideau préfabriqués et standardisés peuvent être installés sans risque depuis les plateaux. Lors de l’assemblage du projet, une grue opère seulement côté rue et des modules de levage opèrent sur les plateaux pour déplacer, positionner et fixer les panneaux de façade côté voies ferrées. Les panneaux de vêture relevables et les nacelles restent dans la zone de retrait et ne surplombent donc jamais les voies ferrées. Tout en respectant une hauteur dalle-à-dalle de 3.40m, les choix techniques et environnementaux permettent une hauteur sous plafond de 3.05m (équipements rayonnants suspendus à 2.70m et plafonds de bande centrale à 2.90m). Les poutres étant noyées dans les dalles ou retroussées au bord du plancher technique, elles ne présentent aucun obstacle à l’innervation du bâtiment par les Fluides. Le cloisonnement est libre, sur la trame de 1.35m. Sa compacité est source d’optimisation d’énergie, d’économie de matière et de maximisation des surfaces et des espaces. Sa forme pure permet un aménagement flexible, standard, et économique, une nécessité pour du Bureau en blanc. Les surfaces sont maximisées avec une SHON totale de 16636m² et une SU totale de 16275m² de bureaux, 1500m² de bureaux ERP/RIE et 298m² d’archives.  Si l’étude de faisabilité indiquait des noyaux en façade, l’optimisation locative des plateaux passe par une compacité volumétrique et par le choix d’un positionnement central des noyaux en étage courant (induisant une reprise structurelle en sous-sol au dessus des parkings, elle-même valorisée par l’intégration de locaux techniques, avec notamment les Centrales de Traitement de l’Air). Le RDC bas est valorisé par des halls double hauteur connectés au RIE, archives, et parkings. Les halls fonctionnant sur deux niveaux, la surface des halls au RDC haut peut être réduite et la surface locative noble (bureaux ou ERP) est ainsi libérée au RDC. La rupture volumétrique urbaine étant remplacée par une césure architecturale du fuselage, les plateaux types de 2143m² de SHON (SU : 2100m², SU/SHON: 98%) fonctionnent de manière groupée ou divisée (2 compartiments incendie <1000m²), avec chacune son noyau et son hall). Le ratio SU/SHON global est de 98%. Le projet offre donc une grande efficacité et des potentialités cohérentes avec son identité.