Maître d'ouvrage: SOFILO - groupe EDF Architecte: Architectures Anne Démians Directeur de projet: Philippe Monjaret Chef de projet: Arnaud Housset Stagiaires: Nicholas Cazanave BET Economiste: Parica BET Structure: VP Green BET Fluide Electricité: Alto Ingénierie BET Façade: VP Green HQE: Alto Ingénierie Perspective: Nicolas Cazanave, Martin Mercier, Philippe Monjaret Surface: 5120m² SHON Coût: 8.9M€
« Fabriquant du jour à contre-jour, elle s’employait à fondre de la lumière électrique dans de la lumière du jour ».
Ce qui me passionne, dans l’art, c’est précisément les œuvres dans lesquelles l’architecture n’est pas encore entrée. Toujours solide et résolue, elle reste comprise dans ses limites, à mi chemin entre le « défini et l’attendu », juste en dessous du trait/frontière qui se situe sur la limite admise comme limite définitive. Contractuellement et règlementaire définie, l’architecture cherche des déséquilibres pour exister, mais elle reste « prévisible », campant dans sa géométrie.
Ce que j’aime dans l’art, ce sont ces assemblages qui surviennent, par surprise, avec effervescence, dans des entre-deux, ces coupures/liens qui associent, sous langages différents et de manière « indéfinie et inattendue », une vision composée et complice des choses. Les unes dans la réalité d’une scène quotidienne de travail,les autres en réplique de cette réalité, comme le piège qui superpose reflets diaphanes et lancements de lux, vers l’intérieur. Des flux circulent entre les parois. Ils s’assiéentsur des lisières instables. Le jour ne s’éteint jamais. La lumière électrique monte pendant que l’autre (celle du jour) descend. Les scènes de la journée s’impriment sur les boites à lumière, en même temps que le paysage réapparaît de jour sur les écrans translucides, comme si nous étions enplein jour et qu’ils s’étaient tous entendusà nous laisser la trace persévérante de leur skyline.
« Un immeuble ordinaire, bien moins ordinaire qu’il n’en a l’air »
C’est l’histoire d’un immeuble de bureaux, qui se présente comme ce qui se fait de plus ordinaire et de plus confortable, pour pouvoir être porté tous les jours, « comme ne le dirait pas le monde de la haute couture ». C’est aussi celle d’un mur lumineux qui, tourné vers l’intérieur, retarde le moment incontrôlable de l’obscurité fatale et imprime des scènes intérieures qu’il fusionneaux paysages.
Cet espace intermédiaire, comprimé entre les deux parois de façade, ouvre l’expérience visuelle et sensorielle à un large éventail d’interactions tactiles et sociales. Les tableaux monochromes forment une membrane diaphane entre le tableau et l’architecture banalisée de l’immeuble C’est une sorte de fiction, exploitant les vertus de la coloration blanche, grise ou dorée des parois et de leurs ouvertures.
Sur le toit de l’immeuble des cellules photovoltaïques captent suffisamment d’énergie pour rendre l’œuvre autonome. « Nous ne dépenserons pas plus que ce que produisent, par jour, les composants électroniques de toiture qui alimentent le dispositif ». L’œuvre fixait ses limites à celle de la production et prétendait fixer ainsi, de manière responsable, une nouvelle façon d’engager l’avenir, pour l’art et pour l’architecture. « Nous ne pourrions solder que ce que serions capables de produire et rien de plus ». La lumière avait donc une limite : celle de son univers.