Entretien avec Bernard Riac, Président de Valvital, Compagnie Européenne des Bains

Bernard Riac, PDG de Valvital, Compagnie Européenne des Bains présente dans le thermalisme depuis 30 ans.   

En quoi était-il important pour Valvital d’être présent à Nancy ?

Bernard Riac : Aujourd’hui, Valvital, n°2 dans le domaine du thermalisme en France, déjà présents dans 12 établissements, revendique une stratégie de croissance externe. Le projet comme celui de Nancy ne pouvait que nous intéresser parce qu’il est exceptionnel par sa taille et par la diversité des activités que l’on trouvera sur le site. En outre, les eaux thermales y sont de grande qualité et soignent principalement les rhumatismes, des affections qui sont au premier rang des prescriptions en France (80 % des curistes). Le projet à Nancy est donc sur ce marché porteur. Nous souhaitons aussi poursuivre notre  implantation dans l’Est de l’hexagone.

Combien de curistes seront attirés par le projet Nancy Grand Thermal ?

B.R : Nous avons prévu de recevoir à terme 15 500 curistes par an sur Nancy. Ce nouvel établissement répondra à trois orientations médicales,  la rhumatologie, la phlébologie, mai s aussi les Voies Respiratoires et O.R.L. L’équilibre économique devrait être atteint après huit années d’exploitation.

Ce n’est pas la première fois que vous investissez des lieux à forte connotation patrimoniale, comme notamment à Lectoure. En quoi le site de Nancy est-il prestigieux ?

 B.R : La particularité du site de Grand Nancy Thermal est liée à son histoire puisque le premier bâtiment fut construit par Louis Lanternier au tout début du XXe siècle. La renaissance de cet ancien équipement  tient à son prolongement contemporain lequel s’inscrira dans le respect de la partition architecturale d’origine comme l’a imaginé notre architecte, Anne Demians. Outre la qualité de ce projet et sa dimension patrimoniale,  ce site dispose de sources thermales abondantes, ce qui nous permettra de proposer des activités sportives et de loisirs qui seront toutes alimentées par ces mêmes eaux thermales, ce qui est rarement le cas, d’où la spécificité du lieu. Ce sera le premier centre thermal français de cette taille accueillant autant d’activités différentes. Les eaux thermales alimenteront aussi bien les couloirs de nage des deux piscines sportives,  que les installations récréatives réservées aux enfants.

Cette eau thermale convient-elle à tout le monde ?

B.R : Elle peut convenir à tout le monde et, de surcroit, elle est naturellement chaude. Par conséquent, nous limitons le chauffage au strict minimum, même pour les bassins en plein air, ce qui est excellent en terme de bilan énergétique, d’où la dimension écologique de ce projet.   

Comment avez-vous travaillé avec Anne Demians et comment l’accompagnerez-vous dans ce chantier ?  

Le projet d’Anne Demians repose sur le cahier des charges de Valvital puisque nous sommes l’exploitant futur du site. Notre mission est de réfléchir aux mètres carrés utiles pour les différentes  activités offertes aux usagers, finalement dans une même unité de lieu. La mise au point définitive du projet fait encore l’objet d’un travail de réflexion entre Anne Demians et nos équipes chargées du développement, ensuite nous l’accompagnerons tout au long du chantier notamment avec la présence régulière d’un ingénieur Valvital.      

Quelle est la plus grande difficulté de votre métier d’aménageur de centres thermaux ?

 B.R : La difficulté est de parvenir à livrer un établissement d’un confort et d’une esthétique irréprochables il va de soi, et sur ce point nous faisons confiance à Anne Demians, mais aussi, le bâtiment doit être fonctionnel afin qu’il réponde à une équation économique, autrement dit à nos comptes d’exploitation prévisionnels.  D’où le gros travail qui est fait en amont. Ensuite, un centre thermal doit satisfaire l’attente de tous nos publics sur le long terme, principalement le maintien du niveau sanitaire et d’hygiène qui, l’un comme l’autre, ne peuvent souffrir d’un défaut à l’usage.     

Quels sont les publics que vous devez satisfaire ?

B.R : En réalité, nous avons observé trois types de fréquentation. Sur Nancy, nous attendons un public local qui vient chercher les plaisirs d’une piscine de proximité dans le cadre de la Métropole du Grand Nancy, puis, nous aurons une autre clientèle à la fois locale et régionale pouvant même venir du Luxembourg, d’Allemagne et de Belgique, un public en quête des bienfaits d’un « spa » comme dans tout centre de thalasso. Enfin, le Grand Nancy Thermal accueillera des usagers « médicalisés » qui viennent dans le cadre d’une prise en charge par la Sécurité Sociale. Quelque soit le public, les équipements feront l’objet d’une veille sanitaire très importante puisque l’eau ne peut, en aucun cas, être traitée pour les soins, à l’exception des piscines.         

INTERVIEW PAR MICHELE LELOUP

https://www.grandnancy.eu/construire-lavenir/grand-nancy-thermal/