Auteuil

PARIS 16ème 2008 - 2019
Maître d'ouvrage : Paris Habitat OPH - COGEDIM
Architectes : Anne Démians (mandataire), Rudy Ricciotti, Francis Soler, Finn Geipel
Paysagiste : Louis Benech
Directeur de projet : Philippe Monjaret et Jack Weinand
Chef de projet : Typhaine Blanchet, Julien Potignat
BET Economiste : Parica ingénierie
BET Structure et Façade : VP & Green
HQE : Alto
Perspective : Martin Mercier, Igor Sanchez
Maquettiste : International Model
Acousticien : Jean-Paul Lamoureux
Surface : 30 000 m² SDP
Coût : 65 M€ HT
400 logements, locaux d’activités, crèche et parking

Le programme d’Auteuil réunit sur un même ilot  200 logements sociaux (Paris Habitat) et 200 appartements en accession à la propriété (Cogedim). Il met en lumière la volonté de réaliser des logements sociaux et des espaces publics de qualité en même temps qu’il offre une opération privée également qualitative. Dans ce cas présent, ce n’est pas le logement privé qui tire vers le haut le logement social, mais les deux qui s’aident mutuellement par « compatibilité » alors que ces programmes n’ont pas les mêmes objectifs.

Auteuil est une œuvre composée à quatre mains,  dont la cible économique et urbaine se règle par des œuvres autonomes puisant dans une pensée commune, l’essence d’expressions différentes. Trois personnalités, Francis Soler, Rudy Ricciotti et Finn Geipel qui, avec moi, doivent élaborer une partition cohérente à l’intérieur d’un dispositif commun. Je devais pour ma part, assumer le rôle difficile mais passionnant d’architecte mandataire du groupement.

Aux architectures et aux mécanismes personnels, s’oppose la mise en commun de matières et de modes d’assemblage puisés dans un même univers : celui des substances légères et perméables. C’est l’idée d’une coopérative de composants et de systèmes constructifs. Celle d’une mutualisation des risques et des dépenses qui garantit à chaque appartement (quel que soit son financement) un espace comparable.

Ce sont des outils de fabrication qui, utilisés par l’un ou par l’autre, prennent, à chaque fois, une dimension d’utilisation différente, sans jamais quitter de l’œil le travail des autres. C’est l’idée d’un projet qui en contient plusieurs et qui est celui dans lequel chacun sortira du sien.

Le plan ne risque jamais la répétition ou l’écueil du fac-similé, car le pointage est permanent. Il existe un refus : celui d’inciter à la  fragmentation et à la diversité, comme mode opératoire pour sortir de l’ennui des grandes opérations. Le processus choisi, consiste, pour chaque architecte, à apporter sa contribution à l’élaboration des composants qui seront repris par les autres, sans en changer la forme ou la finition, mais en les positionnant seulement dans un contexte différent.

 

 

Le projet

C’est un projet qui propose une alternative à la centralité routière qu’est la porte d’Auteuil, en proposant une centralité piétonne. Mais, c’est d’abord un jardin qui prolonge l’ensemble des espaces laissés libre par l’abandon des trains de la petite ceinture jusqu’à la gare d’AuteuilL. De ce terrain désaffecté, il s‘agissait d’en faire un parc habité, généreusement planté plutôt que de prolonger un tissu déjà achevé par des retours de façades qui regardent vers le sud.

Il s’agissait de porter une attention effective sur l’excellence des dispositifs mis en matière d’environnement durable.

Le projet est classé plan climat (réglementation énergétique ville de Paris et vise à être peu émissif en carbone) Pour cela, il nous a suffi d’éloigner les bâtiments les uns des autres en les rapprochant sur leurs angles pour ensoleiller les jardins puis les espaces intérieurs des appartements et proposer ainsi des vues lointaines en organisant leurs perspectives.

Il s’agissait là de bâtir un parc, envahissant pour que chacun puisse sentir la fraicheur des arbres, et avoir accès à leur frondaison ou aux canopées.

La petite ceinture, aujourd’hui déferrée, est une percée dans le tissu urbain, colonisée par une végétation spontanée. Le projet consiste donc à poursuivre cette écriture végétale sur un axe vert qui rappelle la trace du sillon ferroviaire jusqu’à la gare d’Auteuil.

Louis Benech a dessiné cet axe vert. Il n’a pas souhaité dessiner et séparer les cheminements minéraux des plantations. Il a installé un maillage minéral pour organiser l’aléa des plantations. Ce maillage est la géométrie, mise à plat, au sol, de la façade du bâtiment que j’ai dessinée.

Tous les éléments de cette pièce urbaine constituent un tissage de complémentarité de matières et de géométries subtiles. Les architectes et le paysagiste se sont choisis et ont décidé de travailler sur une matière quasiment unique se répandant sur le sol de l’opération avec une multitude de petites variations.

Les composants, mis en commun, ont été utilisés de manière différente par chaque architecte. Chacun, à sa façon, a pu contribuer à cette pièce urbaine qui, bien qu’hybride, se caractérise par une cohérence plastique assumée, transposition contemporaine, sans concession, de la ville haussmannienne.