2017  Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres

2016  Finaliste pour le Grand Prix national de l’architecture

2016  Dépose le label IDI (Immeuble à Destination Indéterminée) avec ICADE

2015  Membre titulaire de l’Académie d’Architecture

2013  Médaille d’argent  Prix Le Soufaché 

2013  Prix des femmes architectes. Catégorie « œuvre originale »

Participe aux groupes de travail suivant :

RBR 2020 Groupe de travail présidé par Christian Cléret et Alain Maugard sous l’égide de la commission Philippe Pelletier du Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire.

Conseil de l’Attractivité et de l’Innovation, présidé par Jean-Louis Missika. Il prend des décisions en matière d’architecture et d’urbanisme dans le cadre du Grand Paris.

RSE ICADE Comité d’orientation stratégique


Enseigne à l’Université Paris Dauphine dans le cadre du Master Management de l’Immobilier


« Le travail d’Anne Démians, est au cœur de cette façon neuve de voir l’architecture. Elle mène des travaux synthétiques et fondamentaux qui s’inscrivent dans leur temps, avec un cadrage à la Dolan et l’énergie à la Banksy que quelques rares observateurs (journalistes, critiques, universitaires ou commanditaires) ont déjà décryptés » 

Anne Démians construit son parcours avec une unique obsession : celle d’élargir le plus possible les champs d’application de ses réalisations et de ses contributions pour qu’elles résultent instantanément des évolutions ultra-rapides de notre société. 

Le texte « Consonance et Dissonance » qu’elle publie dès 2006, parle déjà du mélange des genres et des langages, des vrais mensonges et des fausses vérités en architecture. Elle parle des fabrications consonantes, bâties volontairement sur des valeurs dissonantes et propose que l’on admette « l’hybridation et la circonstance » comme des possibles ossatures de l’œuvre d’un architecte. Mais, c’est sa nature profonde, faite d’art, d’histoire et de technique, qui lui permet d’exercer sportivement ce métier, avec une nouvelle manière de faire, usant de réflexes qui tiennent d’une société coulée puissamment dans le numérique et dans l’instantané. Ce qui ne l’empêche pas de prendre le temps de resituer les fondamentaux, partout là où elle intervient, quelles qu’en soient les contingences.

Elle écrit, prend position, réalise, enseigne et apporte sa contribution à plusieurs groupes de travail sur la ville mutable, l’environnement et l’énergie, en refusant les images trop rapides, vides de sens, d’un environnement caricaturé et trop normé. Ces sujets retiennent particulièrement son attention depuis des années. Le texte « Embarquement immédiat » qu’elle rédige à la demande de Philippe Pelletier, président du Comité Stratégique du Plan Bâtiment Durable, en 2016, pour être présenté au Ministre de l’Ecologie, en dit long sur son engagement.

1/ Sa façon de faire et ses réalisations

En parlant aux maitres d’ouvrage privés de la même manière qu’aux commanditaires publics, l’architecte affiche un degré d’exigence qui lui permet de produire des œuvres que nous avons beaucoup de mal à estampiller (publiques ou privées) tant les différences sont faibles.Les arguments qu’elle développe et sa parfaite maitrise des techniques et des coûts de construction sont une des clés de son système de développement. La distance qu’elle met entre les mots et le chantier, comme celle qui consiste, pour elle, à transférer l’exigence des préoccupations publiques dans des réalisations privées, reste extrêmement réduite. On sait qu’elle construit comme elle parle, savamment et directement. On voit que ses œuvres portent déjà sa façon de faire, nouvelle et déliée.

Son œuvre, pour Société Générale,  achèvée en  2017, est une œuvre construite avec son interlocuteur, un paysagiste, un designer et un graphiste, pour ce qui ressort des espaces nouveaux du travail. C’est la société du numérique qui s’est invitée dans le projet, en même temps que la construction, fractionnée et interactive, qu’elle a dessinée comme un prolongement des attentes.

Ses interventions sur des restructurations et des extensions d’équipements lourds, comme l’ESPCI à Paris, les thermes de Nancy ou le Lycée hôtelier de Guyancourt, précisent la dimension de son attention aux existants et son entêtement à vouloir les transformer de la manière la plus confortable et la plus contemporaine qui soit.

Les différentes opérations de logements, qu’elle a réalisées ou qu’elle met en chantier actuellement, partent toutes d’une même idée : produire le plus d’espace possible « pour habiter plutôt que se loger ». Auteuil, Black Sawns, Asnières, M9d4, Ziegelwasser, et Rungis s’intéressent à de nouvelles manières d’habiter l’espace, pendant que les projets à Sarcelles et Strasbourg élargissent leur champ d’investigation sur la mixité.

2/ Ses contributions théoriques sous objectifs opérationnels

Evaluant ses idées et ciselant ses intuitions, avant de les exposer, Anne Démians joue l’opérationnel immédiatement connecté au théorique. Car rien ne la contrarierait plus que de penser qu’elle ne pourrait pas réaliser les choses telles qu’elle les a pensées. Entre la théorie et la pratique, il y a chez elle, un écart si faible que tout semble s’exprimer en même temps et sans aucune différence visible. Qui la connait, connait l’engagement qui la plonge dans les tribulations et les égarements d’une profession en pleine mutation. Les temps ont changé. Elle reprend prise sur l’espace défini et repense sa surface, ses limites, sa définition comme sa destination, en multipliant ses usages potentiels.

Les tours Black Swans à Strasbourg montrent que sa théorie sur l’espace indéterminé est efficace puisqu’elle a convaincu ICADE de construire l’idée qu’elle portait sur le plan urbain, sur la requalification des espaces domestiques comme la base d’une nouvelle esthétique compatible avec la variabilité des cycles économiques. La trame universelle qu’elle met au point et qui lui permet d’assembler différents programmes dans un même immeuble, confirme l’intitulé du label IDI (Immeuble à Destination Indéterminée), déposé officiellement en 2016.

On comprend qu’avec la réalisation de Strasbourg, c’est d’environnement toujours qu’on parle, puisque tout le projet, dans ses fondements de reconversion et dans la totalité de ses façades appropriées, se présente comme un défi au gaspillage, sujet que l’on retrouvera dans ses contributions nationales.

3/ Ses participations citoyennes, l’enseignement de l’architecture et ses contributions

Anne Démians enseigne l’architecture, mais préfère actuellement les supports de Paris-Dauphine qui la conduisent à dispenser ses expériences auprès d’élèves dont l’objectif est de devenir constructeur ou promoteur. Après avoir passé de longues années à enseigner le projet  dans des Ecoles d’architecture (Rennes, Paris, Berlin), c’est l’Environnement et l’art de construire bien et beau qu’elle enseigne.

Engagée dans une démarche sensible à l’environnement depuis  2006, elle est lauréate, en 2009, de la première session du concours Bas Carbone initié par Yves Bamberger et EDF pour  proposer de nouveaux modèles de constructions économes en émissions de carbone. Ce prix lui apporte une visibilité qui prolongera son action jusqu’en 2016, où les membres de la commission Pelletier lui commanderont un texte qu’ils intituleront  « Embarquement immédiat, vers un modèle français intelligent ».

Elle joue en même temps sur ces trois registres pour augmenter son sentiment d’être utile à une génération qui demande autre chose qu’une seule chose. Elle se glisse entre les sujets pour mieux révéler l’espace libre et expressif de l’architecture. Car, comme le disait Louis Jouvet : « L’acteur ne doit pas jouer la phrase, il doit  jouer entre les phrases »

 Michèle Leloup

 

Dernières Actualités

Table ronde "Strasbourg, une ville européenne"

Anne Démians est invitée aux côtés de Jérôme Clément, fondateur d’Arte, la chaîne de télévision franco-allemande, Georges Heintz, architecte urbaniste, Robert Herrmann, adjoint au maire de Strasbourg, président de l’Eurométropole de Strasbourg, Alain Kuntzmann, directeur de projet pour l’habitat participatif, Direction de l’urbanisme, de l’aménagement et de l’habitat, Ville et Communauté urbaine de Strasbourg, Florence Lipsky, architecte, Alfred Peter, paysagiste, Roland Recht, historien de l’art et Veit Stratmann, plasticien franco-allemand pour brosser le portrait d'une ville dans sa configuration d'aujourd'hui.

Au delà de son positionnement dans le débat sur les grandes transitions, il s'agit de définir l'esprit d'une ville, sa dimension sensible, son identité spécifique. Successivement allemande et française à diverses reprises, ville-frontière, ville frontalière, aujourd’hui ville européenne affirmée, l’identité nouvelle de Strasbourg n’a pas été décrétée mais forgée par ces cent cinquante dernières années. Comment cette métropole a-t-elle capitalisé cette histoire biculturelle qui en a fait l’un des laboratoires urbains les plus intéressants en France ?

La table ronde a lieu à la Cité de l'architecture et du patrimoine le 4 février 2019 à 19h. 

https://www.citedelarchitecture.fr/fr/evenement/strasbourg-une-ville-europeenne

Des immeubles pas tout à fait finis – Une conférence d’Anne Démians

La notion «d’immeubles pas tout à fait finis» ne signifie, en aucune façon, qu’il faille laisser des immeubles en voie d’achèvement.

Il s’agit plutôt de répondre, en construisant, à des exigences nouvelles en économies de matières et de nuisances, pour nous empêcher de tout reconstruire à chaque fois et de tout avoir à refaire quand on cherche à densifier ou à modifier la ville.

 Les additions et les adaptations ponctuelles sont alors rendues possibles par la mise en place d’ajouts dessinés à partir de géométries et de supports pensés pour cela.

 Il s’agit d’apprendre à moins (ou à mieux) consommer, comme apprendre à moins (ou à mieux) construire. Ce qui reviendrait à produire une nouvelle esthétique.

C’est ce qu’a expliqué Anne Démians lors d’une conférence donnée le mardi 11 décembre à l’école d’architecture Paris-Val de Seine.

Vous pouvez retrouver son intervention, relayée par Christophe Leray, dans Chroniques d'architecture. 

Embarquement immédiat !

https://chroniques-architecture.com/conference-anne-demians/

Journée de l'Efficacité Energétique et Environnementale du Bâtiment

Les thématiques abordées lors cette 3ème édition seront, dans la prolongation des précédentes, les tendances de la construction et de la rénovation 2020 avec une vision élargie au multiconfort, au connecté, ainsi qu’au quartier et à l’urbanisme durables.

Anne Démians présentera un retour d’expérience exemplaire sur les questions des bâtiments multiusages et adaptatifs, en s'appuyant sur ses travaux et sur les projets réalisés ou en cours.

L'intervention aura lieu au Palais Brongniart à Paris le 7 février 2019 à 10h. 

https://www.enerj-meeting.com/

 

Colloque SEIN/COBATY "Bureaux en logements et vice-versa ?"

Le potentiel de transformation de bureaux en logements est important, particulièrement dans la région parisienne. Cela pose des questions techniques, architecturales, réglementaires, typologiques, urbaines, sociales… Il est donc intéressant de confronter le point de vue de différents acteurs engagés dans ce type de processus : architectes, bureaux d’études, promoteurs, entreprises, investisseurs, élus… Au delà de la question des bureaux, c‘est le potentiel d’adaptabilité de l’ensemble du parc bâti dont il sera aussi question.

Anne Démians présentera une étude de cas accompagnée d'un représentant d'Icade Promotion.

Le colloque se tiendra lundi 14 janvier 2019 de 14h30 à 18h à la SEIN 4 place Saint Germain-des-Prés à Paris.