Portrait D'anne Demians

Anne DEMIANS, joue en même temps sur ces trois registres pour augmenter son sentiment d’être utile à une génération qui demande autre chose qu’une seule chose. Elle se glisse entre les sujets pour mieux révéler le l’espace libre et expressif de l’architecture. Car, comme le disait Jouvet : « L’acteur ne doit pas jouer la phrase, il doit jouer entre les phrases »

Anne DEMIANS construit son parcours avec une unique obsession : celle d’élargir le plus possible les champs d’application de ses réalisations et de ses contributions pour qu’elles résultent instantanément des évolutions ultra-rapides de notre société.

Le texte « Consonance et Dissonance » qu’elle publie dès 2006, parle déjà du mélange des genres et des langages, des vrais mensonges et des fausses vérités en architecture. Elle parle des fabrications consonantes, bâties volontairement sur des valeurs dissonantes et propose que l’on admette « l’hybridation et la circonstance » comme des possibles ossatures de l’œuvre d’un architecte.

Mais, c’est sa nature profonde, faite d’art, d’histoire et de technique, qui lui permet d’exercer sportivement ce métier, avec une nouvelle manière de faire, usant de réflexes qui tiennent d’une société coulée puissamment dans le numérique et dans l’instantané. Ce qui ne l’empêche pas de prendre le temps de resituer les fondamentaux, partout là où elle intervient, quelles qu’en soient les contingences.

Elle écrit, prend position, réalise, enseigne et apporte sa contribution à plusieurs groupes de travail sur la ville mutable, l’environnement et l’énergie, en refusant les images trop rapides, vides de sens, d’un environnement caricaturé et trop normé. Ces sujets retiennent particulièrement son attention depuis des années. Le texte « Embarquement immédiat » qu’elle rédige à la demande de Philippe PELLETIER, président du Comité Stratégique du Plan Bâtiment Durable, en 2016, pour être présenté au Ministre de l’Ecologie, en dit long sur son engagement.

sa façon de faire et ses réalisations

En parlant aux maitres d’ouvrage privés de la même manière qu’aux commanditaires publics, l’architecte affiche un degré d’exigence qui lui permet de produire des œuvres que nous avons beaucoup de mal à estampiller (publiques ou privées) tant les différences sont faibles.

Les arguments qu’elle développe et sa parfaite maitrise des techniques et des coûts de construction sont une des clés de son système de développement. La distance qu’elle met entre les mots et le chantier, comme celle qui consiste, pour elle, à transférer l’exigence des préoccupations publiques dans des réalisations privées, reste extrêmement réduite. On sait qu’elle construit comme elle parle, savamment et directement. On voit que ses œuvres portent déjà sa façon de faire, nouvelle et déliée.

Son œuvre la plus récente, pour La Société Générale, qu’elle achève pour fin 2016, est une œuvre construite avec son interlocuteur, un paysagiste, un designer et un graphiste, pour ce qui ressort des espaces nouveaux du travail. C’est la société du numérique qui s’est invitée dans le projet en même temps que la construction, fractionnée et interactive, qu’elle a dessinée comme un prolongement des attentes.

Ses interventions sur des restructurations et des extensions d’équipements lourds, comme l’ESPCI à Paris ou le Lycée hôtelier de Guyancourt, précisent la dimension de son attention aux existants et son entêtement à vouloir les transformer de la manière la plus confortable et la plus contemporaine qui soit.

Les différentes opérations de logements qu’elle a réalisées ou qu’elle met en chantier actuellement partent toutes d’une même idée : produire le plus d’espace possible « pour habiter plutôt que se loger ». Auteuil, Asnières, M9d4, Ziegelwasser, et Rungis s’intéressent à de nouvelles manières d’habiter l’espace, pendant que les projets à Sarcelles et Strasbourg élargissent leur champ d’investigation sur la mixité.

ses contributions théoriques sous objectifs opérationnels

Evaluant ses idées et ciselant ses intuitions, avant de les exposer, Anne DEMIANS joue l’opérationnel immédiatement connecté au théorique. Car rien ne la contrarierait plus que de penser qu’elle ne pourrait pas réaliser les choses telles qu’elle les a pensées. Entre la théorie et la pratique, il y a chez Anne DEMIANS, un écart si faible que tout semble s’exprimer en même temps et sans aucune différence visible.

Qui la connait, connait l’engagement qui la plonge dans les tribulations et les égarements d’une profession en pleine mutation. Les temps ont changé. Elle reprend prise sur l’espace défini et repense sa surface, ses limites, sa définition comme sa destination, en multipliant ses usages potentiels.

Les Black SWANS à Strasbourg montrent que sa théorie sur l’espace indéterminé est efficace puisqu’elle a convaincu ICADE de construire l’idée qu’elle portait sur le plan urbain, sur la requalification des espaces domestiques comme la base d’une nouvelle esthétique compatible avec la variabilité des cycles économiques. La trame universelle qu’elle met au point et qui lui permet d’assembler différents programmes dans un même immeuble, confirme l’intitulé du label IDI (Immeuble à Destination Indéterminée), déposé officiellement en 2016.

On comprend qu’avec la réalisation (en cours) de Strasbourg, c’est d’environnement toujours qu’on parle, puisque tout le projet, dans ses fondements de reconversion et dans la totalité de ses façades appropriées, se présente comme un défi au gaspillage, sujet que l’on retrouvera dans ses contributions nationales.

ses participations citoyennes, l’enseignement de l’architecture et ses contributions

Anne DEMIANS enseigne l’architecture, mais préfère actuellement les supports de Paris-Dauphine qui la conduisent à dispenser ses expériences auprès d’élèves dont l’objectif est de devenir constructeur ou promoteur. Après avoir passé de longues années à enseigner le projet dans des Ecoles d’architecture (Rennes, Paris, Berlin), c’est l’Environnement et l’art de construire bien et beau qu’elle enseigne.

Engagée dans une démarche sensible à l’environnement depuis 2006, elle est lauréate, en 2009, de la première session du concours Bas CARBONE initié par Yves BAMBERGER et EDF pour proposer de nouveaux modèles de constructions économes en émissions de carbone. Ce prix lui apporte une visibilité qui se prolongera son action jusqu’en 2016, où les membres de la commission PELLETIER lui commanderont un texte qu’ils intituleront « Embarquement immédiat, vers un modèle français intelligent ».

Anne DEMIANS, joue en même temps sur ces trois registres pour augmenter son sentiment d’être utile à une génération qui demande autre chose qu’une seule chose. Elle se glisse entre les sujets pour mieux révéler le l’espace libre et expressif de l’architecture. Car, comme le disait Jouvet : « L’acteur ne doit pas jouer la phrase, il doit jouer entre les phrases »

Dernières Actualités

Table Ronde avec Christophe Pillet Chez RBC à Lyon

Lieu incontournable du design contemporain à Lyon, RBC invite le designer français internationalement reconnu Christophe Pillet à venir s’exprimer sur sa vision singulière du design à travers une scénographie exceptionnelle à découvrir du 23 mars au 8 avril prochain. Un évènement qui s’inscrit dans un rythme festif à l’occasion des 30 ans de RBC. 

Ce sera également l’occasion d’une table ronde avec le designer et Anne Demians sur le thème «Architecture, Design et mutations numérique». 

 

 

Inauguration du Lycée d'hôtellerie et de tourisme de Guyancourt

Après plusieurs années d’une restauration sensible, Anne Demians, lauréate du concours lancé par la Région Ile-de-France, livre la restructuration du Lycée d’Hôtellerie et Tourisme de Guyancourt (900 élèves et 700 en formation continue). Construit à la fin des années 1970 par l’architecte Jean Monge et mis en service en 1981, le bâtiment n’était plus conforme aux exigences pédagogiques et réglementaires. Il souffrait, en outre, de disfonctionnements techniques et fonctionnels.

Aujourd’hui, sa radicalité géométrique a trouvé une nouvelle lisibilité sur ses neufs niveaux et le rapport qu’il entretient avec le sol s’est simplifié et humanisé. 

 

Exposition les Dunes. L'émergence de nouveaux espaces de travail.

Achevée fin 2016, cette réalisation est construite avec différents partenaires. Ils sont ingénieurs, paysagistes, designers, graphistes et acteurs en ressources humaines. Les Dunes s'intéressent aux nouveaux espaces du travail. La société du numérique s'invite dans le projet en même temps que s'y installe la construction fractionnée et interactive des attentes.

Table Ronde à la Maison de l'architecture des Récollets à Paris.

Les Dunes, un nouveau modèle de densité horizontale, en réponse  aux mutations numériques du travail.

Echanges croisés entre maitre d’œuvre et maitre d’ouvrage, en présence de Françoise Mercadal-Delasalles, Directrice des Ressources et de l'Innovation de Société Générale, Jean-Marc Castaignon, Directeur Immobilier du groupe Société Générale, de Ruedi Baur, designer graphique et de Anne Démians.

Réalisation livrée en décembre 2016 à Société Générale.